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Films d'amateurs

 
 

août 1944 : Libération de Paris 

juin 1945 : pendaison à Cusset

Evanghelou

1943 – 1945 : Témoignage sur l’Epuration 
1 heure - Collection Pathé

Cette collection nous propose de rares images de la Libération de Paris réalisées par un collectif de cinéastes amateurs, un sujet sur Pétain et Laval ainsi qu’un document extrêmement violent d’un lynchage de miliciens survenu non loin de Vichy, à Cusset, en juin 1945.

Si les deux premiers films ont été facilement identifiables, il n’en a pas du tout été de même pour le 3ème.

En effet lorsque M. Evanghélou nous a confié ces film 35mm qu’il tenait d’un parent éloigné, les boites portaient les titres suivants :

Vichy : Pétain Laval – octobre 43
La Libération de Paris
La Libération de Vichy : les pendus

Etant donné le caractère historique de ces images, la violence et la brutalité qui en émanent, il a semblé indispensable de procéder à une vérification de leur contenu afin de les resituer dans leur contexte et d’en mesurer la valeur.

Certains édifices que l’on aperçoit dans le film nous ont permis d’identifier la petite ville de Cusset. Des recherches auprès des archives locales et régionales ainsi que dans la presse locale nous ont apporté une nouvelle lecture de ces images :

La prison De Cusset recelait dans ses murs vétustes un certain nombre de traîtres attendant de passer devant la Cour de Justice où déjà condamnés, comme le fameux Gouverneur à mort par contumace. Apprenant cet état de choses, un groupe de jeunes déportés, retour de Dachau a exprimé samedi la justice populaire avec la participation de la population cussetoise unanime…Les meneurs s’étaient engagés à ne pas exécuter Poinsot de qui on attend encore des révélations. Il s’en tirera avec un lynchage en règle, scalpe à l’appui. Journal de Valmy, 4 juin 1945

Pierre Poinsot responsable des Renseignement Généraux à Vichy après avoir été un proche collaborateur de Maurice Papon à Bordeaux sera lynché par la foule puis remis en prison. Il sera exécuté sur condamnation à mort par la cour de justice de l’Allier.

Le document montre clairement deux pendaisons. La première est certainement celle de Sénati. Le deuxième pendu est probablement Gouverneur.

Georges Gouverneur qui a dénoncé le maquis où il se trouvait et rejoint la milice est pendu par les pieds à deux reprises mais en réchappe. Condamné à mort puis à la prison à perpétuité, il décède en liberté en 1984.

Senati chef d'équipe au château des Brosses (Centre d'entraînement de la Milice) meurt de pendaison après avoir été extrait de l'hôpital.

Nous estimons néanmoins que la diffusion de ces images doit être faite avec précaution même s'il est très difficile d’identifier les deux personnes pendues ainsi que les autres protagonistes.